Logique homme-femme

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Le jour de la Saint-Valentin arrive.

Je souffle :

– Minou, t’aurais franchement pu penser à organiser quelque chose !

– Mon cœur, t’arrêtes pas de répéter que t’as du boulot par-dessus la tête…

– Et toi, tu t’es pas dit que ça aurait été l’occasion de faire un break ?

Il secoue la tête.

– Très sincèrement, j’étais sûr que tu m’enverrais balader…

Je croise les bras, déçue.

– Tu aurais voulu faire quelque chose ?

– Evidemment ! dis-je en haussant les épaules.

– Et pourquoi tu me l’as pas dit alors ?

Je le fixe, les yeux ronds :

Mais enfin… Parce que c’est évident !!!

Entre lui et moi, le problème, c’est toujours ce vieux rond-point en plein milieu !

Leçon de cuisine

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Ma demande de disponibilité vient d’être acceptée.

C’est l’été, la plage est bondée et j’ai des projets plein la tête.

Ma fille a installé son petit restaurant gastronomique en bord de mer, elle s’amuse à jouer les serveuses :

– Bonjour Madame ! dit-elle en s’inclinant. Que souhaitez-vous manger ce midi ?

Je souris avant de lui donner la réplique :

– Je ne sais pas… Vous avez un menu du jour, peut-être ?

– Euh… Ben non !

Michelin n’a qu’à bien se tenir.

Je fais semblant d’hésiter :

– Bon… Eh bien, je ne sais pas… Et si je me laissais tenter par des lasagnes épinards ? Vous croyez que ce serait possible ?

Toute contente, elle acquiesce.

– Avec un verre de limonade et un café allongé, s’il vous plaît.

– Très bien !

Elle tourne ensuite les talons, se rapproche de la grève et s’accroupit pour me préparer une belle assiette de sable. Miam miam… J’en salive à l’avance !

Je la regarde s’affairer, les yeux remplis de tendresse. Avec son râteau, sa pelle en plastique et son gobelet Pat-Patrouille, le service s’annonce aux petits oignons !

Je me dis qu’il faut absolument que je m’inspire d’elle pour un des personnages de mon roman.

Quelques minutes plus tard, la voilà tout à coup qui se retourne et qui m’interpelle de sa voix stridente :

– Mamaaaaan !!!

– Ne crie pas comme ça, tu vois bien qu’il y a des gens autour de nous !

– Tu m’as dit que tu voulais quoi, déjà, avec ton pinard ?

Doux Jésus…

Les premiers conseils #1

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C’est Caro (ma copine psy) qui m’a conseillé la première d’ouvrir un blog :

– Faudrait que tu échanges autour de ton travail, ça te permettrait de te faire connaître !

Sa réflexion m’a étonnée… Elle qui déteste aller sur les réseaux sociaux !

Cependant, le conseil était pertinent, j’y repensais régulièrement.

Quand j’ai terminé mon troisième tome, au début du mois de février, je m’y suis collée. Après tout, je n’avais pas grand chose à perdre (si ce n’est d’égratigner un peu ma fierté… et quand bien même, je me suis dit que je m’en relèverais).

C’est à ce moment-là que j’ai décidé d’ouvrir enfin mon blog.

Ma copine Marlène, elle, est prof de lettres en collège. Elle m’a tout de suite annoncé la couleur :

– Je te préviens, la litté jeunesse, c’est pas ma came ! J’ai même bâillé en lisant Harry Potter, t’imagine !

Du coup, je me doutais qu’elle serait sévère.

Je lui ai quand même transmis mon manuscrit, ça n’a pas loupé : elle s’est ennuyé prodigieusement ! Cela dit, elle m’a corrigé toutes les fautes et m’a fait discrètement passer une fiche récapitulative concernant l’usage du passé simple dans le récit… Je l’en remercie.

Avec le recul, je dois reconnaître qu’en effet, au début, la description de mes actions laissait à désirer. Ses conseils m’ont beaucoup fait progresser !

Marion, mon ancienne collègue documentaliste avec qui j’ai partagé un bureau pendant sept ans, m’a dit qu’on ne pouvait pas cueillir de mûres à l’automne… Finement observé ! ai-je de suite pensé.

Après, elle m’a dit qu’on pouvait toujours les acheter surgelées… Mais j’ai préféré mettre une bonne vieille tarte aux quetsches entre les mains des Marchal.

A la fin de sa lecture, elle m’a dit :

– Le problème, c’est que je n’arrive plus à savoir si un roman est bon ou pas. En trente ans de carrière, j‘en ai tellement lu ! Et faut avouery’avait quand même pas mal de navets… Je me suis souvent demandé pourquoi on éditait celui-ci plutôt que celui-là. Parfois, vraiment, je comprenais pas !

Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. Si on regardait le bon côté des choses, c’était encourageant !

Au final, elle a beaucoup aimé ce premier manuscrit. Elle a enchaîné les deux autres tomes dans la foulée ! Yes !!!

Les enfants, on est à la bourre !

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L’année dernière, je travaillais encore à temps plein.

Tous les matins, c’était le même rituel :

– Les enfants, dépêchez-vous, on va être à la bourre !!

J’étais le petit lapin d’Alice. Je les pressais comme des citrons :

Vite, habille-toi ! Il ne vous reste que dix minutes pour déjeuner ! T’aurais pas pu me faire signer ça hier soir, c’est une blague ? Vous vous êtes brossés les dents ? Fais sentir ! Mouais, t’as pas trop insisté… Allez, mettez vos chaussures. Et ta veste ? Tu l’as oubliée à l’école ? Quoi ? Du parfum ? Purée mais on n’a pas le temps !!! Mais non, ne pleure pas pour ça ! Bon allez viens.

Tous les matins, à 7h25, ils y avaient systématiquement droit. La phrase changeait selon l’humeur, mais c’était toujours la même :

– Mince, on est à la bourre ! (en jetant un coup d’œil sur la montre.)

– S’il vous plaît, les enfants, j’aimerais bien qu’on soit pas à la bourre, pour une fois… (petit air suppliant, au cas où ça marcherait…)

– On va encore être à la bourre ! (fallait se rendre à l’évidence : c’était une fatalité !)

Un jour, ma fille fronce ses petits sourcils devant moi et me dit, très sérieusement :

– Maman, j’ai une question…

– Oui ?

– En fait, c’est où, « la bourre » ?

Je peux chercher le numéro de Leonardo Di Caprio sur Internet ?

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– Maman, je peux faire une recherche sur Internet ?

– Bien sûr mon chat. C’est pour l’école ?

– Non, je cherche juste le numéro de Leonardo Di Caprio.

Sourire.

– Crois-moi, si on pouvait le trouver sur Internet, je l’aurais appelé depuis longtemps !

– Pourquoi ?

– Ben, pour lui demander de m’épouser !

Stupéfaction.

– Quoi ? Et Loïc alors ? Tu préfères Leonardo Di Caprio à Loïc ? Mais c’est dégueulasse !

J’ai essayé. J’ai pas réussi à culpabiliser.

Accepter de prendre des râteaux !

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« Malgré ses qualités, votre roman ne correspond pas à notre ligne éditoriale »… Ca ressemble un peu à cette phrase qu’on a tous entendue dans notre vie (il y a toujours des petits chanceux, c’est vrai) : « je t’aime bien, mais je préfère qu’on reste amis ».

C’est ce qu’on appelle un gros râteau !

Et donc, Moustache : 6ème râteau ce matin…

Arrrrrrrrgh… J’en ai marre, je vais aller élever des chèvres en Patagonie ! Je partirai avec mon vieux pull, elles me prendront pour une cousine !

Bon, calmons-nous et réfléchissons.

Twilight, Stephanie Meyer : 14 refus !

Carrie, Stephen King : 30 refus !

Harry Potter, J. K. Rowling : 12 refus !

Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes, Robert Pirsig : 121 refus ! Oui, 121, vous avez bien lu ! (cela dit, on ne va pas se mentir, c’est vrai que y’a quelque chose avec le titre…)

Allez, on range le pull sous l’oreiller et on se motive !

Quand tu sais pas si t’as la force ou pas

Mon fils, 11 ans :

– Au secours ! Y’a une araignée dans ma chambre !!!

Mon conjoint évalue la situation :

– Pourquoi tu paniques ? C’est une faucheuse, elle est inoffensive !

– Imagine qu’elle tombe sur moi pendant la nuit !

Il la capture et la dépose sur le rebord de la fenêtre.

– C’est bon. T’es sauvé, grand !

– Merci.

– Maintenant, t’avise pas de nous réveiller à deux heures du mat’ parce que t’entends un moustique !

Mon fils brandit un sabre laser :

– T’inquiète ! Je suis un Jedi !

– Ouais. Donc… t’as la force, mais ça dépend.

– Et quoi ?

– Rien. Bonne nuit !

 

Aidons les pauvres

Ma fille :

– Maman, pourquoi tu ne donnes pas d’argent aux pauvres ?

– Mon coeur, je suis en disponibilité. Je vis sur mes économies en ce moment, tu le sais. Si je commence à donner aux pauvres, bientôt ce sera à Maman que les gens devront donner de l’argent…

– Ouais mais, au moins, t’auras fait une bonne action !

Mon conjoint :

– Moi je trouve que c’est une excellente idée ! On va d’ailleurs commencer tout de suite avec ton argent de poche !

– T’as pas intérêt !