Je suis, vous me suivez (ou les trois, parfois)

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Avant de me plonger dans l’écriture, je faisais régulièrement du footing. Puis, débordée par le travail que cela demandait, j’avais tout arrêté…

J’ai décidé récemment de me faire violence. Je chausse à nouveau mes baskets deux à trois fois par semaine et, dimanche dernier, ma petite famille m’a même accompagnée !

On court tranquillement quand je vois ma fille détaler, toute heureuse de nous doubler :

– Et voilà, c’est moi qui est devant la troupe !

– Qui suis…

– Mais non ! Tu vois bien que c’est vous qui êtes derrière !!!

Je pense, perplexe : « cette conversation n’a aucun sens ! ».

Je ralentis un peu, le temps de comprendre…

Ca y est !

Je « suis », nous « suivons »… Vous me suivez ?

C’est dimanche, il faut beau et elle est en pleine santé… Zut ! Pour une fois, je laisse tomber !

Esquisse#1 : Jojoko

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En ce moment, je suis en train de chercher la tête de mes personnages.

La première, ou du moins celle que je vous présente aujourd’hui, c’est Jojoko.

Jojoko est un personnage loufoque, d’une tendresse sans borne. Je trouvais amusant que dans mon roman l’un de mes personnages se perde un peu les chèvres… Si on regarde bien, on a tous une Jojoko autour de nous.

Jojoko parle à ses plantes vertes, elle ouvre et ferme les portes des placards plusieurs fois par jour. Elle met toujours ses vieilles charentaises au réfrigérateur, le soir, avant de se coucher. C’est vrai qu’elle aime sentir le frais réveiller ses pieds… Elle dit que ça lui rappelle un peu sa Russie Natale.

Il n’y avait qu’un personnage aussi déjanté capable de recueillir Mike à la déchetterie. Elle y était venue chercher quelques canards à cinq pattes, c’est finalement avec lui qu’elle est repartie… Elle lui a sauvé la vie.

On le sait tous, des familles, il en existe de deux types. Les familles de sang, et des familles de cœur. Celles imposées par la naissance, et celles qu’on a choisies.

Mike et Jojoko sont des figures très fortes de solitude et d’indépendance. Deux âmes cabossées, à la noblesse rare, que le destin fera se rencontrer et qui ne se quitteront plus jamais.

Minou, j’ai une blague !

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– Oh ! J’ai lu une blague qui m’a faite trop rire, Minou. Attends que je m’en rappelle…

Je me concentre une seconde.

– Ah oui… C’est ça !

Pause.

– Si Gibraltar est un détroit, qui sont les deux autres… ??!?

J’éclate de rire ! Il me fixe, sidéré.

– Génial, non ? Ca s’appelle un apophtegme !

Il me corrige :

– Non mon coeur… Ca s’appelle une blague de merde !

Et voilà…! Dès que c’est un peu littéraire, l’humour n’est plus le même.

#payetonbideavectonapophtegme

Maman, tu aimerais mourir comment ?

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Je hochai la tête, l’air entendu, et me fit la remarque que cette femme avait, indubitablement, un goût certain…

– A table !!!

– J’arrive !

Dix minutes plus tard, je m’installe sous trois paires d’yeux qui me mitraillent.

– Désolée, je finissais un truc…

– C’est toujours toi qu’on attend !

A peine je plante mon premier coup fourchette, ma fille me pose une des questions dont elle a le secret :

– Maman, tu aimerais mourir comment ?

Et vlan.

Dix minutes de retard, c’est pas non plus un drame !

– Eh bien… euh… je ne sais pas… Mais ce qui m’arrangerait en tous cas, ce serait que je ne souffre pas.

Pause. Je la regarde.

– Pourquoi ? T’as quelque chose prévu pour moi ?

Elle sourit, je me détends légèrement.

– Moi, j’aimerais mourir en sauvant le monde ! Comme Iron Man, quand il prend le gant de Thanos avec les pierres dedans ! Bon, c’est trop de pouvoirs pour lui, mais il meurt en héros !!!

– C’est sûr, je dis, ça a un peu plus de classe que de s’étrangler avec un Tic Tac… Délicieux, minou, ton filet mignon !

– Ne parle pas, mon cœur. Mâche doucement.

I had a dream…

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7 heures. Mon conjoint me réveille gentiment.

– Nooooon…. J’veux pas me lever…

A la cuisine, mon petit-déjeuner est prêt. Mon thé à la bergamote m’attend, avec son délicat nuage de lait. Comme d’habitude, le pauvre, il a tout préparé.

– Ca va pas ?

Il voit que de la fumée me sort par les trous de nez.

– Purée, je suis dégoûtée… J’étais en train de rêver que je sortais avec Robert Downey Jr…

Pause.

– Et toi, t’as osé me réveiller !!!

– Désolée mon coeur…

Il sourit.

– Maintenant que c’est râpé, tu veux pas plutôt boire un café avec George Clooney ?

Je le regarde, l’air désespéré, avant de soupirer.

– En même temps, je ne peux pas trop t’en vouloir… Dans mon rêve, j’étais en train de le quitter.

La journée vient à peine de commencer, je suis déjà blasée. C’était Robert Downey Jr., s’il vous plaît ! Et moi, là, qui trouve rien de mieux à faire que de le larguer…

Parfois, quand même, j’ai de ces idées…

Ah, les beaux jours qui reviennent !

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Ah, les beaux jours qui reviennent !

De mon bureau, je vois le soleil briller depuis ma grande baie vitrée.

Je fais une pause et contemple le paysage au-dehors. J’entends le vent souffler. Je le regarde courir dans le jardin, en appui sur les herbes courbées.

Un bourdon me chatouille l’oreille. Je tourne la tête, je le vois zigzaguer. Il s’approche d’un joli bouton printanier…

Je le regarde qui vient le flairer, l’aile enfiévrée.

– Brrrrrzzzziiiii Brrrrrzzzziiiii… Vos pétales, i’ zouvrent à quelle heure, ma’m’zelle ?

Elle, timide, réserve son mystérieux secret.

Cette rencontre inattendue ravage mon imagination. Une fleur. Un bourdon…

Sous mes yeux, c’est loxymore parfait !

Le silence vrombissant, version végétale ! C’est l‘harmonie du scandale.

C’est le pop corn salé, l‘invention de la glace au Roquefort, la brevétisation du cale-menton (ceux qui ont essayé de dormir dans le métro comprendront).

Le succès de la grenouillère-serpillère, plébiscitée par les jeunes mamans éreintées.

L’industrialisation du savon marron, odeur goudron.

L’idée géniale des pâtes verdâtres, molles comme des calamars (soi-disant, goût épinard).

Vous ne vous êtes jamais demandé, vous-même, comment certaines idées étaient nées ? Là, soudain, j‘entrevois la façon dont le string a un jour été inventé…

Je perçois la poésie qu’il y a, l’été, à porter des sandales ajourées. Leurs menus bras croisés, sur des chaussettes en coton un peu mouillées.

C’est aussi sûrement ainsi, un matin de mai, dans un esprit inspiré, que le premier bijou d’anus est né…

C’est alors que jaillit soudain une fusée ! Surgissant de nulle part, le chat de mon conjoint déboule, l’air passablement énervé. Le voilà qui décoche un sévère coup de patte au bourdon, lui assénant une claque magistrale en plein citron !

J’entends Paf ! puis Bzziouuuuuuuuu… Ensuite, plus rien.

L’inspiration sonnée, je vois le bourdon, assommé, chuter et se planter dans le gazon encore tout frais…

–  Tu crois que ça ennuierait le printemps d’aller sonner à côté ? On s’entend plus ronfler ! semble-t-il m’indiquer, à moitié réveillé.

Ca ne marchera jamais…!

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– Minou… Parfois, ce blog, je me dis que c’est une idée débile… Ce que je raconte n’a absolument aucun intérêt !

Pause.

– Bon, tu me diras, est-ce qu’un petit parasol en bois sur une boule de glace a de l’intérêt ? Non. Et pourtant, l’idée a eu du succès.

Nouvelle pause.

– Un jour, y’a quand même un gars qui a inventé le saladier troué… Un autre, les boules carrées… Quand même, ça donne à méditer !

A la troisième pause, je le vois qui hoche la tête.

– Ah ça, mon cœur, y’a des tas d’idées ridicules qui ont marché… T‘as même pas besoin de chercher aussi loin : regarde, par exemple, notre relation ! Si ça, c’est pas une idée à la con !

Quand je suis stressée, il trouve toujours les mots pour me réconforter !

Inspiration et petites culottes

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– Touche pas, là ! Tu vois bien que j’ai mis une culotte « journée grosse patate » !

Je souffle.

– J’ai ramé toute la journée… J’ai rien fait de bon… Tout était nul : les phrases, le rythme, y’avait rien qui allait !

– Attends… Si j’ai bien compris, tu choisis tes culottes en fonction de ton humeur ?

Je le fixe, surprise.

– Ben, évidemment !

Oh l’autre…

Se trouver de nouvelles facultés

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– Maman, me dit-il alors que je suis concentrée, pense très fort à un chiffre entre 1 et 4 !

J’étais justement sur le point de m’ennuyer…

– Hum… ok, c’est bon.

– 3 !

– Tiens… Et comment t’as deviné ?

– 2 c’est pair, trop simple, et personne ne choisit jamais les chiffres des extrémités !

Ca y est, mon fils est officiellement mentaliste.

Maman, j’ai une responsabilité !

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L’ordinateur me retient en otage toute la journée. Arrivent 16h30 et le bonheur de respirer l’air frais pour aller chercher les enfants, d’un pas guilleret.

Ce soir-là, je vois ma fille sortir en souriant et s’élancer vers moi :

– Maman ! s’exclame-t-elle, toute contente. Ca y est ! J’ai eu une responsabilité !!!

Depuis le temps qu’elle attendait… Elle a l’air plus heureuse que jamais !

En effet, tous les vendredis après-midis, le maître organise un mini-conseil de classe. Les élèves volontaires peuvent ainsi se porter candidat pour des charges qu’ils assumeront la semaine suivante. Au terme d’un vote, les différents rôles sont alors attribués ; sont ainsi désignés le responsable des carnets, celui en charge du tableau, le gardien du silence, etc… Jusque-là, c’est vrai, elle n’en avait jamais décroché.

Super !!! Toutes mes félicitations, mon ange… Alors, raconte ! T’as gagné quelle responsabilité ?

Elle lève les bras en l’air et s’écrie, toute joyeuse :

Je vais m’occuper des poubelles !!! 

Je jette rapidement un coup d’œil circulaire ; les visages autour de nous s’animent d’un sourire qui se veut solidaire.

– C’est vraiment génial, ma chérie…

Avant de poursuivre, baissant la voix :

– Monte vite dans la voiture.