Chapitre 11 : D’étranges rumeurs

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Précédemment dans l’histoire : Les Malloré terminent leur déjeuner. Au moment de régler, M. Ehrlichbaum, l’aimable cuisinier, les questionne sur les raisons de leur passage dans la région. Quand il apprend que les Malloré ont prévu de loger au manoir des Wingard, l’homme et son épouse marquent un temps d’arrêt. Après avoir tergiversé un moment, il mettent finalement la famille en garde : apparemment, d’étranges rumeurs circulent au sujet du manoir.

Annie avait ses yeux clairs grands ouverts, larges comme deux portes cochères.

– Ah bon ? s’étonna-t-elle, surprise.

– Oui… Certains clients, qui se promenaient là-bas encore très récemment, nous ont rapporté une liste de propos disons… préoccupants…, au sujet du manoir.

Sa voix tomba avec gravité. Il marqua une courte pause, avant de continuer.

– Il semblerait que…

Face à lui, sept paires d’yeux attendaient la suite. Cerné par la curiosité, le cuisinier nous regarda tour à tour. Chacun d’entre nous le fixait, sans bouger, suspendus à ses lèvres comme si nous étions médusés. Continuer la lecture

Chapitre 10 : M. et Mme Ehrlichbaum

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Précédemment dans l’histoire : Les Malloré sont arrivés à l’auberge du Bon Repos. Leur première impression, méfiante et réservée, est rapidement balayée par la bonne humeur de l’hôtesse. Elle les invite à choisir une table pour déjeuner, puis disparaît en cuisine rejoindre son mari.

Un homme apparut par une porte dans le fond de la pièce. La porte menant directement à la cuisine, un fumet délicat s’en échappa.

De constitution solide, l’homme s’avança vers nous d’un pas franc, débordant d’enthousiasme. Il semblait visiblement réjoui d’avoir enfin des clients à servir.

– Messieurs-dames, bonjour ! Bienvenue à l’auberge du Bon Repos ! s’exclama-t-il en nous saluant d’un geste amical. Je suis M. Ehrlichbaum, le chef cuisinier. Continuer la lecture

Chapitre 09 : Le Bon Repos

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Précédemment dans l’histoire : Les Malloré sont arrivés à l’auberge que leur client leur avait conseillée. Moustache, soulagé de pouvoir à nouveau respirer l’air frais, est cependant inquiet. La région ne lui inspire rien de bon, et l’établissement semble désert.

Si la lanterne extérieure n’avait pas été allumée, on aurait pu croire que l’établissement était fermé. Elle grésillait. L’ampoule vissée à l’intérieur du diffuseur variait sans cesse d’intensité, comme si le courant électrique, fragile, peinait à l’alimenter correctement. Je fronçai les moustaches, irrité. Où étions-nous tombés ?

Le nom de l’auberge avait été gravé sur un panneau en fer. Le panneau était rongé par la rouille. A chaque bourrasque de vent, il grinçait sinistrement. Je le regardai se balancer mollement, d’avant en arrière, suspendu à une barre métallique dont la peinture, boursouflée d’un bout à l’autre de la tige, s’écaillait. Un frisson glacé me parcourut, un son lugubre s’élevait à intervalles réguliers. Je tendis l’oreille. D’où il provenait-il ? Je reportai mon attention sur le panneau, puis compris. C’était ce mouvement lancinant qui produisait le bruit sordide, un bruit semblable à une sorte de long raclement, que le mugissement du vent amplifiait. Instinctivement, je reculai. Si c’était une menace, je me fis la réflexion qu’elle était à peine voilée.

J’étais prêt à décamper, une odeur de cuisine me retint. Elle fit frémir mes narines, je levai la tête. Des volutes de fumée s’échappaient du conduit de cheminée. J’étirai mes babines, ravi. J’avançai d’un pas. Une cuisine au feu de bois ? Tiens donc… Ce serait une première pour moi !

– Mamie, je vous aide ? entendis-je Franck demander à sa belle-mère.

Je tournai la tête vers l’arrière. Elle se débattait une nouvelle fois pour s’extraire de son siège.

– Volontiers…, répondit-elle. Ah, la vieillesse mon pauvre Franck…!

Il arbora son plus beau sourire charmeur.

– On a l’âge de nos artères, Henriette ! Et les vôtres sont en parfaite santé !

Je la vis se raidir puis lui retourner un regard noir.

– Gardez ces flagorneries1 pour vos clients, lui ordonna-t-elle. Contentez-vous de tirer et épargnez-moi vos commentaires, de grâce !

Elle agrippa sèchement la main qu’il lui tendait, la broya au passage, ce qui lui arracha une petite grimace de douleur. Satisfaite de sa mesquinerie, elle accueillit sa réaction avec un sourire fier.

Henriette avait toujours détesté les compliments, elle ne manquait jamais de clouer le bec à quiconque s’y risquait. Franck le savait pertinemment, j’en conclus qu’il devait aimer le son du fouet. Je souris à cette pensée, renouvelant en silence ma promesse de le contenter dès que l’occasion se présenterait.

Annie fit un pas en avant, elle poussa avec prudence la porte de l’établissement. Une clochette tintinnabula au-dessus de sa tête. Hormis ce drôle de carillon et la porte d’entrée qui se refermait lentement en grinçant, l’auberge resta désespérément silencieuse.

A l’intérieur, tout était calme. Nous jetâmes un rapide regard circulaire autour de nous en quête d’un éventuel responsable. Il n’y avait personne. Franck attendit quelques secondes, manifestant ensuite notre présence à haute voix.

– Bonjour ! lança-t-il.

Nous tendîmes d’oreille. Personne ne répondit.

– Il y a quelqu’un ?

Un vieux comptoir en bois trônait au milieu du vestibule. Posée sur le plateau, une modeste pancarte indiquait que des chambres étaient à louer. Intrigué, je dressai le cou. Une série de vieilles clés numérotées pendaient sur des crochets. Pas un jeu ne manquait… Aucun doute, l’hôtel était vide.

J’avançais une patte prudente. Sur la droite, un escalier en bois desservait l’étage.

Il mène certainement aux chambres, pensai-je brièvement en moi-même.

Déduction faite, je clignai des paupières et regardai en direction opposée. A l’autre bout du vestibule, les tables avaient été dressées. La salle du restaurant nous tendait les bras, elle était déserte.

Mon regard, aimanté par sa couleur criarde, fut attiré au sol sans le vouloir. Une épaisse moquette rouge vif étendait ses rubans de part et d’autre. Je secouai le museau. Je n’avais aucun doute quant à son utilité, pour en avoir déjà vu chez des personnes âgées… Cette moquette faisait office de cache-misère, à l’image d’un tapis gigantesque, déroulé dans le but de cacher les marques d’usure qui défiguraient le parquet.

Du coin de l’œil, j’observai les lames encore visibles. Leur couleur d’origine avait viré, elles étaient presque noires, comme si une couche de crasse les recouvrait.

Un claquement de porte résonna depuis l’étage, suivi d’une série de pas pressés. Elle fit craquer le plancher. Je dressai les moustaches, quelqu’un se hâtait. Une poignée de secondes plus tard, une jeune femme à la silhouette fluette, vêtue d’un ample pull à col roulé et d’un pantalon large qui faisait deux fois sa taille descendit les marches de l’escalier avec rapidité.

Apparemment navrée, la jeune hôtesse se confondait en excuses à mesure qu’elle dévalait l’escalier. 

– Veuillez me pardonner, je ne vous avais pas entendus entrer. Il y a longtemps que vous attendez ?

Les deux couettes qu’elle s’était nouées sur la tête tressautaient, comme deux pompons blonds que sa démarche agitait avec nervosité.

– Non non, ne vous inquiétez pas, mentit Annie pour la rassurer, nous venons juste d’arriver !

Ses joues, légèrement rosies par l’empressement, s’étirèrent immédiatement en un grand sourire avenant. L’hôtesse adressa un regard aimable à chacun des Malloré le temps de reprendre son souffle.

– Nous accueillons si peu de monde en ce moment, se justifia-t-elle, j’en profite pour tout nettoyer…

Elle opéra ensuite un léger tour de bras, accompagnant son geste d’une mimique amusante et d’un petit rire à la sincérité désarmante :

– Comme vous pouvez le constater, ce n’est pas le travail qui manque !

Ayant assez peu d’humour en matière de propreté, je tiquai. Je baissai le museau et reniflai suspicieusement les lames de bois autour de moi. En effet, les passages successifs n’expliquaient pas l’état déplorable dans lequel elles se trouvaient. Au fur et à mesure des années, le manque d’entretien avait achevé de les détériorer. Une saleté grasse s’était incrustée dans les rainures du parquet. La seconde d’après, j’éternuai. Cette pauvre femme devait avoir du pain sur la planche… Il y avait de la poussière partout ! Par sécurité, je rapprochai mes pattes les unes des autres puis soupirai, blasé. Cette auberge ne correspondait pas du tout à mon standing ! 

– Alors ? reprit-elle. Que puis-je faire pour vous ? Vous souhaitez réserver des chambres ?

Annie la gratifia d’un sourire courtois.

– Nous voudrions simplement déjeuner. Croyez-vous que cela soit possible ?

– Mais certainement ! 

L’autre hocha la tête avec conviction, puis nous compta mentalement.

– Trois adultes et deux enfants ?

Froissé, je miaulai.

Et nous alors ? 

Je sollicitai Rousquille de la patte. Elle réagit à son tour.

Qu’est-ce que ça signifie ? renchérit-elle en aboyant plusieurs fois. On compte pour du beurre ?

Henriette apaisa son caniche d’un « chut » entendu.

– Et si vous pouviez porter deux gamelles d’eau… Je crois que ces deux-là vous en seraient très reconnaissants !

Etonnée, l’hôtesse marqua un temps d’arrêt, s’accroupissant pour nous détailler de près.

– Oh ! Mais… Je ne vous avais pas vus vous deux ! 

Vexé, j’échangeai avec Rousquille un regard désabusé, puis réfléchis. La concernant, je pouvais comprendre. Mais moi ? Comment avait-elle fait pour ne pas me remarquer ? Incrédule, je pestai puis vis l’hôtesse allonger son bras, paume ouverte en direction du restaurant.

– Je vous laisse vous installer… Vous avez le choix des tables, ajouta-elle avec un nouveau petit rire.

Cette fois-ci, son rire sonna néanmoins plus triste.

– Elles sont toutes libres. Les touristes se font rares… Autant que vous en profitiez !

Franck inclina poliment la tête.

– Merci infiniment, répondit-t-il.

Les Malloré s’avancèrent, laissant leurs regards se promener dans la pièce. La lumière du jour, blafarde, filtrait à travers les fenêtres. Des lustres imposants, en perles de verre, étaient suspendus au plafond, soutenus par de solides maillages en fer. 

D’un commun accord, les Malloré choisirent de s’attabler en plein milieu de la pièce. Je les connaissais par cœur. Ce choix, dicté par l’envie de profiter pleinement du cadre, ne m’étonna guère.

Ils s’assirent l’un après l’autre. Spontanément, Annie soupesa la nappe blanche, la caressa un instant, laissant glisser ses doigts jusqu’à l’ourlet piqueté. Elle semblait apprécier la qualité du linge, sa finition soignée. J’interceptai le regard, agréablement surpris, qu’elle adressa à son mari. Le tissu, doux et épais, était d’une propreté irréprochable. Annie se sentit immédiatement rassurée à son contact.

Elle observa les couverts bordant les assiettes. Ils étincelaient de brillance. Des serviettes aux couleurs coordonnées avaient été disposées au creux des verres à pied. Annie sourit, charmée par cette décoration simple, mais raffinée. Elle parcourut du regard le chemin de table en dentelle, gris clair, qu’on avait agrémenté de petits bouquets de fleurs champêtres, puis leva son visage admiratif en direction des plafonds. Je l’imitai, fasciné par son intérêt.

Ces derniers, démesurément hauts, étaient barrés de solives en bois. Leur facture artisanale, semblable à celles des auberges d’antan, ajoutait une chaleur supplémentaire à l’ensemble du lieu. Je ne pus m’empêcher de penser que, là aussi, un bon coup de peinture n’aurait pas été du luxe…

Je m’interrogeai. L‘auberge semblait avoir été figée dans le temps. A cette idée, le visage de l’hôtesse me revint en mémoire. Je fus étonné de penser que la jeune femme, fraîche et dynamique, ne devait pas avoir plus de trente ans.

Un gargouillement familier s’échappa de mon estomac. Mes maux de ventre avaient disparu, et je m’aperçus soudain que j’avais faim. Et ce n’était pas un petit creux : j’avais une faim de loup. Mon estomac criait famine. Il suppliait, comme s’il n’avait rien avalé depuis des années ! Tout heureux d’avoir enfin retrouvé mon appétit légendaire, je miaulai de joie. Les festivités pouvaient commencer… J’étais prêt à dévorer l’intégralité du menu, strudel inclus !

1 Flagorneur : se dit de quelqu’un qui flatte bassement

Chapitre 08 : Le Bout du monde

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Précédemment dans l’histoire : Pendant le trajet, Moustache apprend que l’ancien propriétaire du manoir s’est donné la mort en se défenestrant du premier étage. Une révélation tragique, qui laisse les Malloré sans voix.

Franck avait toujours eu un don particulier pour mettre l’ambiance.

J’étirai légèrement le cou. De toute façon, songeai-je en moi-même, l’heure était sans conteste à la désespérance. Depuis plus d’une demi-heure, aucune autre voiture n’avait croisé notre route, comme si nous étions seuls au monde, derniers survivants d’une épidémie vengeresse qui aurait vidé la Terre de ses habitants. Ici, la vie sauvage avait repris ses droits. Continuer la lecture

Chapitre 07 : Georges Wingard

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Précédemment dans l’histoire : Les Malloré roulent en direction du manoir. Moustache, qui ne supporte pas les trajets en voiture, est pelotonné sur les genoux de Samuel. Il fait son possible pour se retenir de vomir, maudissant Mike pour sa traîtrise.

La voiture s’enfonçait dans la campagne obscure. Un épais manteau vert sombre recouvrait les collines alentour telle une couverture matelassée, protégeant leurs flancs du vent froid qui les fouettait. 

A leur sommet, d’immenses forêts de pins s’étendaient à perte de vue. Leurs cimes, invisibles, disparaissaient dans une couche de nuages grisâtre.

Je me sentais mal. Mon estomac se tordait davantage à mesure que nous roulions. Des crampes de plus en plus aiguës le tiraillaient. Des relents acides me brûlaient la gorge. Il ne manquait plus qu’un orage éclate et mon bonheur serait complet !

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Chapitre 06 : En voiture, Moustache !

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Précédemment dans l’histoire : Dans le cadre d’un héritage familial, les Malloré ont été mandatés pour instruire la vente d’un manoir isolé en pleine campagne. Pour suivre la vente au plus près, ils s’apprêtent à passer deux semaines de vacances sur les lieux.

Au matin du départ, les Malloré s’affairaient. Bousculé dans ma tranquillité, je décidai de sortir chasser. J’étais en train de guetter deux hirondelles, celles-là mêmes qui m’avaient brocardé au cabinet, quand la voix douce d’Annie vint chatouiller mes oreilles. Attiré par son timbre mélodieux, je dressai la tête :

– Viens par ici, mon petit amour de Moustache ! Ton repas est prêt !

J’arrive, ma belle ! Laisse-moi juste finir de flanquer une dérouillée à ces deux effrontées…

Depuis le temps que j’attendais de me venger !

Cependant, le son de sa voix m’avait déconcentré, ces satanées hirondelles en avaient profité pour filer. Je leur décochai un regard noir tandis qu’elles s’envolaient à tire-d’aile vers un ramage plus haut perché, m’obligeant à remettre ce règlement de comptes à plus tard. Elles aussi ne perdaient rien pour attendre. Continuer la lecture

Chapitre 05 : Un nouveau challenge

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Précédemment dans l’histoire : Moustache a été vacciné. Cet épisode, à l’origine d’une de ses plus grandes frayeurs, n’a fait que raviver sa colère contre Franck. Notre héros ne lui pardonne pas cette seconde trahison, dont il tient le chef de famille pour seul responsable. Déterminé, il jure de se venger tôt ou tard. En quête d’une occasion favorable, l’annonce d’un départ en vacances lui coupe soudain l’herbe sous le pied.

Cette année, les vacances d’hiver tombaient au début du mois de mars. Les parents de Caroline et Samuel leur avaient réservé une surprise : ils allaient passer deux semaines dans un manoir, perdus en pleine campagne !

Le couple Malloré avait été mandaté dans le cadre d’une succession familiale, dont l’unique héritier, M. Krol, vivait à l’étranger. Il souhaitait déléguer l’affaire à des agents immobiliers de proximité, et avait le plus grand mal à trouver des professionnels compétents. Continuer la lecture

Chapitre 04 : Le Docteur Chafouin

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Précédemment dans l’histoire : De bon matin, Franck immobilise Moustache et le contraint à entrer de force dans une caisse de transport.

Étendu de tout mon long sur ce qui ressemblait une table d’opération, je regardais un homme de petite taille, vêtu d’une blouse blanche, s’avancer vers moi, impuissant.

– Bonjour Moustache ! Je me présente : je suis le Docteur Chafouin !

Il se pencha sur moi et me gratifia d’une grimace supposée représenter un sourire.

– J’ai beaucoup entendu parler de toi… Je suis enchanté de faire enfin ta connaissance ! Continuer la lecture

Chapitre 03 : Coup de couteau dans le dos

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Précédemment dans l’histoire : Un matin ordinaire s’était levé sur Belleville. Rien ne laissait présager qu’un terrible drame était sur le point de s’abattre sur Moustache.

Je maudissais mon estomac, qui l’emporta sur mon instinct ce matin-là. Des crampes douloureuses tiraillaient mon ventre. L’hypoglycémie guettait, il y avait urgence ! Je me dirigeai à la hâte vers ma gamelle, les crocs luisants d’anticipation.

Pressé de soulager ma faim, je ne prêtai qu’une courte attention à ce climat suspect : ce fut là ma première erreur.

Les Malloré m’avaient gâté : ma gamelle avait été remplie avec une rare générosité. Naïvement, je m’en délectai, innocent que j’étais… Une deuxième erreur, que j’enchaînai dans la foulée.

Dans mon dos, j’entendais la voix de Franck qui parlait. Pourquoi échangeaient-ils à voix basse ? Surpris, je m’étonnai de cette inhabituelle prudence, et affûtai mon ouïe.

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Cueille aujourd’hui les roses de la vie

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– Mais tu fais quoi là ?

– Je voulais cueillir une rose pour Maman !

– C’est très gentil comme idée, mais là tu viens d’assassiner une bonne dizaine de bourgeons… Pourquoi tu n’as pas coupé plus haut ?

Elle lève les bras : l’argument, imparable, parle de lui-même, il se passe de commentaire.

(Plus tard)

– Et alors, tu n’as pas offert ta branche de roses à Maman ?

– J’ai bien réfléchi, et j’ai eu un peu honte d’avoir tué autant de bourgeons, alors…