Chapitre 04 : Le Docteur Chafouin

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Précédemment dans l’histoire : De bon matin, Franck immobilise Moustache et le contraint à entrer de force dans une caisse de transport.

Étendu de tout mon long sur ce qui ressemblait une table d’opération, je regardais un homme de petite taille, vêtu d’une blouse blanche, s’avancer vers moi, impuissant.

– Bonjour Moustache ! Je me présente : je suis le Docteur Chafouin !

Il se pencha sur moi et me gratifia d’une grimace supposée représenter un sourire.

– J’ai beaucoup entendu parler de toi… Je suis enchanté de faire enfin ta connaissance ! Continuer la lecture

Chapitre 03 : Coup de couteau dans le dos

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Précédemment dans l’histoire : Un matin ordinaire s’était levé sur Belleville. Rien ne laissait présager qu’un terrible drame était sur le point de s’abattre sur Moustache.

Je maudissais mon estomac, qui l’emporta sur mon instinct ce matin-là. Des crampes douloureuses tiraillaient mon ventre. L’hypoglycémie guettait, il y avait urgence ! Je me dirigeai à la hâte vers ma gamelle, les crocs luisants d’anticipation.

Pressé de soulager ma faim, je ne prêtai qu’une courte attention à ce climat suspect : ce fut là ma première erreur.

Les Malloré m’avaient gâté : ma gamelle avait été remplie avec une rare générosité. Naïvement, je m’en délectai, innocent que j’étais… Une deuxième erreur, que j’enchaînai dans la foulée.

Dans mon dos, j’entendais la voix de Franck qui parlait. Pourquoi échangeaient-ils à voix basse ? Surpris, je m’étonnai de cette inhabituelle prudence, et affûtai mon ouïe.

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Cueille aujourd’hui les roses de la vie

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– Mais tu fais quoi là ?

– Je voulais cueillir une rose pour Maman !

– C’est très gentil comme idée, mais là tu viens d’assassiner une bonne dizaine de bourgeons… Pourquoi tu n’as pas coupé plus haut ?

Elle lève les bras : l’argument, imparable, parle de lui-même, il se passe de commentaire.

(Plus tard)

– Et alors, tu n’as pas offert ta branche de roses à Maman ?

– J’ai bien réfléchi, et j’ai eu un peu honte d’avoir tué autant de bourgeons, alors…

Chapitre 02 : Un réveil ordinaire

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Ce matin-là, je me souvins de m’être étiré avec une langueur insouciante. J’avais pris le temps de paresser dans le lit de Samuel quelques instants, avant de songer à me lever. Un jour clair et rose se levait sur Belleville, l’aimable bourgade se réveillait paisiblement.

Je baillai, bercé par le doux son du clocher qui carillonnait. J’entendais les gazouillis des oiseaux qui s’ébrouaient, me suggérant de plaisantes perspectives d’occupations pour la journée. L’exercice m’avait manqué, et la chasse était une de mes activités préférées.

Perdu dans mes pensées, je me fis bêtement la réflexion que M. Michelon, le boulanger du village, avait certainement déjà ouvert sa boutique : chaque matin, les Bellevillois les plus matinaux s’y pressaient, sitôt rideau levé, impatients de mordre dans ses viennoiseries avec voracité. Combien de fois les avais-je aperçus, de loin, rongeant leur frein ? Continuer la lecture

Chapitre 01 : Les promesses du printemps

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L’hiver s’en était allé à Belleville, laissant place aux promesses du printemps.

Nous étions au début du mois de mars, il était à peine dix heures du matin.

Depuis quelques jours, la ribambelle de moineaux, geais, mésanges et autres espèces de volatiles étaient revenues de leur migration hivernale. Les branchages du Boulevard Central avaient reformé les rangées d’un amphithéâtre de saison : dans les feuillages des tilleuls, un doux ramage symphonique s’élevait à nouveau, dès les premières lueurs du jour. L’agitation matinale avait repris son cours.

La végétation, complice, fleurissait à son appel. Sur le bord des routes, autour des aires de jeux ou dans les bois environnants, de jolis bourgeons offraient un feuillage hardi à la vue des passants, d’une couleur vert vif, éclatante de vigueur.

Sur la place de l’église, le vieil arbre centenaire surveillait placidement les alentours. Planté au cœur du centre historique de Belleville, il en avait vu passer, des saisons. Pour tous les habitants, ses frondaisons étaient une institution. Continuer la lecture

Le chemin de l’école

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Elle est passé où ? Y’a deux minutes elle était là, à côté de moi ! La chipie… Et voilà ! Une fois de plus, elle est partie cavaler je ne sais où !

Son école et celle de son frère sont éloignées d’environ 300 mètres.

Je me dirige rapidement vers l’établissement du grand, et la retrouve assise sagement devant le portail, sur son petit banc.

– Mais où étais-tu passée ? Je m’inquiétais !

– J’ai trouvé une autre route pour arriver ici !

– Je ne suis pas d’accord. Un jour, tu vas de te perdre dans ces petits chemins de traverse !

– Aucun risque.

– Comment ça ?

– C’est facile : pour arriver au collège, il suffit de suivre les égouts jusqu’au bout, on arrive pile devant !

Dois-je comprendre que l’école, ça pue ? Charmante vision du parcours scolaire !

La bonne recette

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Pour moi, l’écriture ressemble d’assez près au travail du boulanger.

J’assemble les ingrédients, avant de mélanger lentement. Je pétris ensuite la préparation, encore et encore, jusqu’à obtenir une texture lisse. Un matériau souple. Prêt à mettre au four.

Je l’étale consciencieusement avant de le poser sur la plaque.

Les illustrations sont cette chaleur qui fait gonfler la pâte. Je la regarde monter, émerveillée…

Cependant, pour être honnête, j’espère que j’écris mieux que je ne cuisine.

– Maman !!! T’as encore fait brûler les cordons bleus !

Oui, une de mes spécialités. Avec le plat brûlant malencontreusement renversé.

Songez… Il faut tout de même un certain talent pour y arriver !

« Courtes » réflexions sur l’Eurovision

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La première candidate chypriote, Elena Tsagrinou – ce n’est pas qu’une bimbo peroxydée, elle a aussi un nom – déboule sur scène avec une robe transparente à peine existante. Mon fils, vivement intéressé par sa prestation, lui attribue une note qui percute le plafond.

Défile ensuite une plantureuse Barbie, made in Albanie, plus connue sous le nom d’Anxhela Peristeri. Moulée dans une robe incendiaire dont les franges à paillettes dissimulent autant ses hanches protubérantes qu’un miroir sans tain dans une salle d’interrogatoire…

Elle laisse place à Eden Alene, représentant Israël, rapidement incommodée par le col roulé de son blouson ajusté à la perfection pour un demi de mêlé… Et dont la longueur s’arrête, curieusement, juste à la hauteur des fesses.

Gênée par tant de matière, évidemment, elle l’enlève… Et finit son show en nuisette, chacun se devant de constater qu’une bonne entrecôte grillée ne pourrait que lui profiter.

Après la Belgique et la Russie, qui offrent des prestations plus habillée bien que tout aussi réussies – il convient de le préciser semble-t-il – arrive Malte… Et surtout, la Serbie.

Ah, la Serbie… Trois bouches voix pour le prix d’une : de quoi en faire rêver plus d’un !

– Franchement Loulou, tu me verrais sortir comme ça ?

– Certainement pas !

Je marque une pause, songeuse.

– Hum… Tu serais pas en train d’insinuer que ça ne m’irait pas ???

– Mais non Maman, c’est pas ça !

Ah ! je pense, soulagée de constater que l’indécence le dérange…

Lettre-type de refus

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Certains m’ont demandé à quoi ressemblait une lettre de refus.

Afin de satisfaire leur curiosité, j’en publie une, la plus récente.

Les éditeurs brandissent souvent le sacro-saint argument de la ligne éditoriale. On m’opposera cette fois l’inadéquation avec le développement souhaité de leurs collections.

Je le savais. La route que j’ai choisi d’emprunter n’est pas la plus aisée !

Driiiing !

Tiens, tiens… Un numéro inconnu… On décroche ?

Masculin et Féminin sont sur un bateau…

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– Tu as joué à quoi dans le jardin ce matin ?

– J’étais le fils de Batman.

– La fille, tu veux dire…

– Non non, le fils ! Mon père, c’était Batman, et ma mère, Batwoman.

Il y a une tout de même une femme dans son histoire, ce n’est pas si mal.

– Eh oui… Pour faire un enfant, tu sais bien qu’il faut un papa et une maman…

– Ma maman à moi, elle était morte au combat !

Ca m’étonnait aussi…

Juste après avoir accouché, elle s’était faite assassiner. Une affaire rondement menée.

– Elle est gaie ton histoire…

– Ca va, c’est pour rigoler !

Mon sens de l’humour n’est pas démesuré.

Quand je l’imagine à seize ans, j’ai peine à la voir apprêtée pour le bal de fin d’année, discrètement maquillée, cheveux parfaitement lissés. Je la visualise plutôt casquette visée sur la tête, portant un baggy et son éternel skate à la main.

L’avenir est un secret, c’est vrai… Par conséquent, je peux me tromper.

– Maman ! T’as pensé à prendre mon sabre laser ?

Ca ne m’empêche pas d’avoir ma petite idée sur le sujet.