Je suis, vous me suivez (ou les trois, parfois)

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Avant de me plonger dans l’écriture, je faisais régulièrement du footing. Puis, débordée par le travail que cela demandait, j’avais tout arrêté…

J’ai décidé récemment de me faire violence. Je chausse à nouveau mes baskets deux à trois fois par semaine et, dimanche dernier, ma petite famille m’a même accompagnée !

On court tranquillement quand je vois ma fille détaler, toute heureuse de nous doubler :

– Et voilà, c’est moi qui est devant la troupe !

– Qui suis…

– Mais non ! Tu vois bien que c’est vous qui êtes derrière !!!

Je pense, perplexe : « cette conversation n’a aucun sens ! ».

Je ralentis un peu, le temps de comprendre…

Ca y est !

Je « suis », nous « suivons »… Vous me suivez ?

C’est dimanche, il faut beau et elle est en pleine santé… Zut ! Pour une fois, je laisse tomber !

Maman, tu aimerais mourir comment ?

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Je hochai la tête, l’air entendu, et me fit la remarque que cette femme avait, indubitablement, un goût certain…

– A table !!!

– J’arrive !

Dix minutes plus tard, je m’installe sous trois paires d’yeux qui me mitraillent.

– Désolée, je finissais un truc…

– C’est toujours toi qu’on attend !

A peine je plante mon premier coup fourchette, ma fille me pose une des questions dont elle a le secret :

– Maman, tu aimerais mourir comment ?

Et vlan.

Dix minutes de retard, c’est pas non plus un drame !

– Eh bien… euh… je ne sais pas… Mais ce qui m’arrangerait en tous cas, ce serait que je ne souffre pas.

Pause. Je la regarde.

– Pourquoi ? T’as quelque chose prévu pour moi ?

Elle sourit, je me détends légèrement.

– Moi, j’aimerais mourir en sauvant le monde ! Comme Iron Man, quand il prend le gant de Thanos avec les pierres dedans ! Bon, c’est trop de pouvoirs pour lui, mais il meurt en héros !!!

– C’est sûr, je dis, ça a un peu plus de classe que de s’étrangler avec un Tic Tac… Délicieux, minou, ton filet mignon !

– Ne parle pas, mon cœur. Mâche doucement.

T’as pris tes boulettes mon fils ?

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Samedi matin.

Mon grand est invité à passer le week-end chez son copain.

Il est 5h30, mon conjoint se lève et me voit devant l’ordinateur :

– Tu travailles déjà mon cœur ?

– Oui… Je n’arrivais plus à dormir.

Il me pose une main sur l’épaule et sourit.

– Ne t’inquiète pas, tout se passera bien.

– Oh, je ne m’inquiète pas… Je n’ai aucune raison de m’inquiéter, il a d’excellents résultats scolaires… En plus, il n’a quasiment pas de devoirs pour la semaine. Je ne vois pas pourquoi j’aurais refusé qu’il parte, si ça lui fait plaisir…

– Mon coeur… Il va passer le week-end chez un copain, il ne met pas en péril son année scolaire !

Pourquoi il me dit ça, l’autre ? Je le sais très bien !

– T’as peur de quoi ? Qu’il se fasse percer l’arcade ? Qu’il revienne avec un anneau dans le nez, avec la crête et les bords du crâne rasés ??? (Il sourit à nouveau). Tu crois quand même pas qu’on va le retrouver avec des tatouages partout sur le corps et des plumes accrochées aux oreilles ?

Non, bien sûr que non ! Je secoue la tête, blasée.

Il éclate de rire : 

– Imagine : lundi il fume de la drogue, jeudi il vire junkie… on est pas dans la merde le week-end prochain ! T’as raison, c’est trop risqué : mieux vaut annuler.

7h30. Le moteur démarre, je lève la main pour dire au revoir à mon fils : il a le sourire jusqu’aux oreilles ! Je le regarde partir jusqu’à ce que je ne voie plus la voiture… C’est plus fort que moi. Je pense : « j’espère quand même qu’il n’a pas oublié son doudou… »

Y’a de l’enjeu !

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Dans la journée, il arrive parfois que mes enfants me manquent. Du coup, ça peut m’échapper au dîner…

Moi, à mon fils (11 ans) :

– Tu as vu la quantité de pâtes que tu t’es servi ? Tu ne mangeras jamais tout ça mon amour !

– On parie quoi, M’man ?

– Un bisou ?

A sa tête, j’ai vu tout de suite qu’il était déçu.

Les enfants, on est à la bourre !

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L’année dernière, je travaillais encore à temps plein.

Tous les matins, c’était le même rituel :

– Les enfants, dépêchez-vous, on va être à la bourre !!

J’étais le petit lapin d’Alice. Je les pressais comme des citrons :

Vite, habille-toi ! Il ne vous reste que dix minutes pour déjeuner ! T’aurais pas pu me faire signer ça hier soir, c’est une blague ? Vous vous êtes brossés les dents ? Fais sentir ! Mouais, t’as pas trop insisté… Allez, mettez vos chaussures. Et ta veste ? Tu l’as oubliée à l’école ? Quoi ? Du parfum ? Purée mais on n’a pas le temps !!! Mais non, ne pleure pas pour ça ! Bon allez viens.

Tous les matins, à 7h25, ils y avaient systématiquement droit. La phrase changeait selon l’humeur, mais c’était toujours la même :

– Mince, on est à la bourre ! (en jetant un coup d’œil sur la montre.)

– S’il vous plaît, les enfants, j’aimerais bien qu’on soit pas à la bourre, pour une fois… (petit air suppliant, au cas où ça marcherait…)

– On va encore être à la bourre ! (fallait se rendre à l’évidence : c’était une fatalité !)

Un jour, ma fille fronce ses petits sourcils devant moi et me dit, très sérieusement :

– Maman, j’ai une question…

– Oui ?

– En fait, c’est où, « la bourre » ?

Quand tu sais pas si t’as la force ou pas

Mon fils, 11 ans :

– Au secours ! Y’a une araignée dans ma chambre !!!

Mon conjoint évalue la situation :

– Pourquoi tu paniques ? C’est une faucheuse, elle est inoffensive !

– Imagine qu’elle tombe sur moi pendant la nuit !

Il la capture et la dépose sur le rebord de la fenêtre.

– C’est bon. T’es sauvé, grand !

– Merci.

– Maintenant, t’avise pas de nous réveiller à deux heures du mat’ parce que t’entends un moustique !

Mon fils brandit un sabre laser :

– T’inquiète ! Je suis un Jedi !

– Ouais. Donc… t’as la force, mais ça dépend.

– Et quoi ?

– Rien. Bonne nuit !

 

Aidons les pauvres

Ma fille :

– Maman, pourquoi tu ne donnes pas d’argent aux pauvres ?

– Mon coeur, je suis en disponibilité. Je vis sur mes économies en ce moment, tu le sais. Si je commence à donner aux pauvres, bientôt ce sera à Maman que les gens devront donner de l’argent…

– Ouais mais, au moins, t’auras fait une bonne action !

Mon conjoint :

– Moi je trouve que c’est une excellente idée ! On va d’ailleurs commencer tout de suite avec ton argent de poche !

– T’as pas intérêt !

Quand une mère n’écoute que d’une oreille…

Je suis en train de travailler devant mon ordinateur, lorsque ma fille me pose cette simple question :

-Maman, tu trouves pas que ma tête, elle a un problème ?

Je lui réponds machinalement, sans même lever le nez :

-Mais non ma chérie, tu es parfaite voyons !

-Maman… Je parle de ma figurine Trunk !

Et si je faisais un break ce week-end…?

Blog, page Facebook, c’est parti !

D’accord, j’avoue, je me sens ridicule et, accessoirement, je suis morte de trouille…

Ca y est, je suis sur le point de faire le grand saut !

Je vais me lancer dans la grande aventure des blogs et autres réseaux sociaux pour promouvoir mon activité d’écrivain… Vu d’ici, ça fait un peu haut !

Faut quand même une sacrée dose d’arrogance, quand j’y pense…: croire que ce qu’on a écrit aurait une quelconque importance alors qu’au fond, je doute à en tourner en rond toutes les nuits ! Les blogs, tout ça, c’est un monde inconnu pour moi.

Mais j’ai décidé d’y plonger quand même, avec mes trois bouquins sous le bras. Depuis, j’ai l’impression d’être une héroïne de télé-réalité à la noix : pour Moustache, votez 1… Purée, c’est vraiment pas mon truc.

Bref, une petite voix au fond de moi ne me donne pas le choix. Ma sœur non plus, d’ailleurs. Et elle sait être persuasive quand elle s’y met : « T’as pas écrit trois tomes pour des prunes…! »

Ce serait un peu dommage de s’arrêter là, qu’elle me dit, bouge-toi !

Elle a raison.

En même temps, c’est l’aînée. Et faut toujours écouter les plus grands.

Bon, on y va. J’ai mon stylo entre les dents, je ferme les yeux, je souffle un coup pour me donner du courage : trois, deux, un… C’est partiiiiiiiiii !

On se retrouve de l’autre côté, frangine !

 

Mes enfants

Quand je leur ai annoncé que j’allais arrêter mon travail pour en faire un autre, mon fils et ma fille ont longtemps cherché… Qu’est-ce que Maman allait bien pouvoir faire ? J’ai eu droit à agent immobilier, décoratrice d’intérieur, institutrice… et même dentiste (j’ai pas compris pourquoi, d’ailleurs) ! Bref.

Finalement, quand je leur ai annoncé, mon fils a semblé déçu :

« Pourquoi tu ne fais pas plutôt agent secret ?

-Mon coeur, c’est dangereux, ça, comme métier tu ne trouves pas ?

-Ben ouais, mais au moins y’a de l’action ! »

Ma fille, elle, était sous le choc… Elle me regardait, les yeux écarquillés.

C’est une véritable bille en orthographe : elle déteste écrire !

Elle considère le stylo comme un instrument de torture au service de la barbarie des adultes qui, eux, ayant fini l’école et souffert le martyre, se vengent à présent sur elle et ses camarades sans défense… Pauvres enfants..

Elle m’a dit : « Mais Maman, c’est super nul comme métier !!! »

Oui. J’ai le moral !