Adaptation des droits

Mis en avant

Je finis ma conversation téléphonique.

 Il arrive dans le bureau, surexcité :

– Alors ? Ils ont décidé quoi ?

– Pardon ?

– Comme t’étais occupée, j’avais dit aux studios Pixar de te rappeler. Ils te rachètent les droits ou pas ?

Je soupire, blasée.

– Minou…

– Oui …?

– Plutôt que de t’ennuyer, t’as pas un mur à poncer ?

Essayer de dessiner (à peu près !)

Mis en avant

– T’en penses quoi minou ? On le reconnaît ?

– Ah oui, tu l’as vraiment bien fait…

Avant de s’étonner :

– C’est quand même une drôle d’idée…

– Quoi donc… ?

– Ben… de lui avoir donné des mouches à manger !

Ca ne marchera jamais…!

Mis en avant

– Minou… Parfois, ce blog, je me dis que c’est une idée débile… Ce que je raconte n’a absolument aucun intérêt !

Pause.

– Bon, tu me diras, est-ce qu’un petit parasol en bois sur une boule de glace a de l’intérêt ? Non. Et pourtant, l’idée a eu du succès.

Nouvelle pause.

– Un jour, y’a quand même un gars qui a inventé le saladier troué… Un autre, les boules carrées… Quand même, ça donne à méditer !

A la troisième pause, je le vois qui hoche la tête.

– Ah ça, mon cœur, y’a des tas d’idées ridicules qui ont marché… T‘as même pas besoin de chercher aussi loin : regarde, par exemple, notre relation ! Si ça, c’est pas une idée à la con !

Quand je suis stressée, il trouve toujours les mots pour me réconforter !

Mon conjoint

Il a accepté de me suivre dans mon aventure.

Il me demande régulièrement : « Alors ? Moustache à New York ? Ca va ou bien ? »

La dernière fois, il a rêvé que j’avais trouvé une nouvelle idée de livre… « Tu allais écrire sur un poulpe… Je t’ai répondu que, quand même, ce serait difficile de lui trouver un prénom… C’est là que tu m’as dit qu’il s’appellerait Armand. Je me suis réveillé juste après. »

Des fois, je me demande s’il me prend réellement au sérieux…

Mes enfants

Quand je leur ai annoncé que j’allais arrêter mon travail pour en faire un autre, mon fils et ma fille ont longtemps cherché… Qu’est-ce que Maman allait bien pouvoir faire ? J’ai eu droit à agent immobilier, décoratrice d’intérieur, institutrice… et même dentiste (j’ai pas compris pourquoi, d’ailleurs) ! Bref.

Finalement, quand je leur ai annoncé, mon fils a semblé déçu :

« Pourquoi tu ne fais pas plutôt agent secret ?

-Mon coeur, c’est dangereux, ça, comme métier tu ne trouves pas ?

-Ben ouais, mais au moins y’a de l’action ! »

Ma fille, elle, était sous le choc… Elle me regardait, les yeux écarquillés.

C’est une véritable bille en orthographe : elle déteste écrire !

Elle considère le stylo comme un instrument de torture au service de la barbarie des adultes qui, eux, ayant fini l’école et souffert le martyre, se vengent à présent sur elle et ses camarades sans défense… Pauvres enfants..

Elle m’a dit : « Mais Maman, c’est super nul comme métier !!! »

Oui. J’ai le moral !

Ma famille

Ma sœur est opticienne. J’en suis dingue ! Elle est vive, pétillante, solaire, d’une gentillesse incroyable. Cette fille est tout simplement un ange ! Et en plus, elle est drôle. Bref, si elle n’était pas ma sœur, je la détesterais.

Quand je lui ai annoncé mon projet, c’était la première fois que j’en parlais. Elle a de suite explosé de joie !

Depuis, elle est un de mes plus fidèles soutiens. Par contre, elle manque d’objectivité : tout ce qu’elle a lu de moi était « super », « génial », « impressionnant », « extraordinaire », « terrible », « dingue », « comment tu fais ça ? ».

J’en suis quand même à cinq refus d’éditeurs pour mon premier manuscrit. Je croise les doigts pour que, dans le lot des demandes envoyées en janvier, il y en ait une qui soit positive !

« Il leur faudrait des lunettes », me répond ma sœur. Merci, t’es un amour d’opticienne. C’est elle, mon personnage de Mme Leuyade dans Moustache.

Mes parents : réaction légèrement plus intérieure. Je crois que ma mère aurait préféré que je lui annonce que j’avais contracté une MST !

Mon père : « Bon, d’accord, tu vas raconter ta vie… Mais, tu crois vraiment que ça va intéresser quelqu’un ? »

Moi : « Non, en fait, j’aimerais écrire de la littérature jeunesse.. »

Mon beau-frère, réaliste : « Pourquoi tu ne te lances pas dans le roman érotique ? Ca se vend bien ! »