« Courtes » réflexions sur l’Eurovision

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La première candidate chypriote, Elena Tsagrinou – ce n’est pas qu’une bimbo peroxydée, elle a aussi un nom – déboule sur scène avec une robe transparente à peine existante. Mon fils, vivement intéressé par sa prestation, lui attribue une note qui percute le plafond.

Défile ensuite une plantureuse Barbie, made in Albanie, plus connue sous le nom d’Anxhela Peristeri. Moulée dans une robe incendiaire dont les franges à paillettes dissimulent autant ses hanches protubérantes qu’un miroir sans tain dans une salle d’interrogatoire…

Elle laisse place à Eden Alene, représentant Israël, rapidement incommodée par le col roulé de son blouson ajusté à la perfection pour un demi de mêlé… Et dont la longueur s’arrête, curieusement, juste à la hauteur des fesses.

Gênée par tant de matière, évidemment, elle l’enlève… Et finit son show en nuisette, chacun se devant de constater qu’une bonne entrecôte grillée ne pourrait que lui profiter.

Après la Belgique et la Russie, qui offrent des prestations plus habillée bien que tout aussi réussies – il convient de le préciser semble-t-il – arrive Malte… Et surtout, la Serbie.

Ah, la Serbie… Trois bouches voix pour le prix d’une : de quoi en faire rêver plus d’un !

– Franchement Loulou, tu me verrais sortir comme ça ?

– Certainement pas !

Je marque une pause, songeuse.

– Hum… Tu serais pas en train d’insinuer que ça ne m’irait pas ???

– Mais non Maman, c’est pas ça !

Ah ! je pense, soulagée de constater que l’indécence le dérange…

Effluves d’adolescence

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Mon fils vient me voir au bureau.

– Ca y est ? T’as fini ta recherche pour le collège ?

– Non, l’ordinateur n’a plus de batterie…

– Et tu l’as mis à charger ?

Il prend son petit air désolé.

– Ah non… J’y ai pas pensé.

Ca m’a rappelé quand nous jardinions la dernière fois, il était censé ramasser les feuilles. Au bout d’un moment, je l’ai surpris qui rêvassait :

– Qu’est-ce que tu fais ? je lui ai demandé.

Plus rien… Puisque le sac poubelle était plein.

– Au fait mon chat, je voulais t’informer : la télé est cassée.

– Ah bon ?

– Oui, j’ai vu qu’elle était débranchée…

Silence.

– On est bloqué, tu ne pourras plus jamais la regarder !

Il lève les yeux au ciel, il commence à saisir où je veux en venir.

– Et tant que j’y pense : à partir de maintenant, prends bien soin de tes vêtements…

– Pourquoi ?

– Quand ils seront tous sales, t’iras au collège à poil !

– C’est bon Mamanme dit-il en soufflant, tu peux arrêter, j’ai compris l’idée !

– Rassure-moi : tu réfléchis à ce que tu dis des fois ?

Il m’adresse un grand sourire en retour.

– Avoue… Si je changeais, ça ne te conviendrait pas.

– Tu peux préciser ?

– Tu serais paniquée : tu ne me reconnaîtrais même pas !

Il me regarde les yeux rieurs.

Vive la mauvaise foi…

L’envie soudaine lui prend alors de se blottir contre moi.

– Sois tranquille mon amour…

– Pourquoi tu dis ça ?

– Avec l’odeur que t’as sous les bras, je te retrouverais jusqu’en Alaska !

– Maman !!!!!!

Et les yeux fermés, mon petit chat ! Crois-moi !

T’as pris tes boulettes mon fils ?

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Samedi matin.

Mon grand est invité à passer le week-end chez son copain.

Il est 5h30, mon conjoint se lève et me voit devant l’ordinateur :

– Tu travailles déjà mon cœur ?

– Oui… Je n’arrivais plus à dormir.

Il me pose une main sur l’épaule et sourit.

– Ne t’inquiète pas, tout se passera bien.

– Oh, je ne m’inquiète pas… Je n’ai aucune raison de m’inquiéter, il a d’excellents résultats scolaires… En plus, il n’a quasiment pas de devoirs pour la semaine. Je ne vois pas pourquoi j’aurais refusé qu’il parte, si ça lui fait plaisir…

– Mon coeur… Il va passer le week-end chez un copain, il ne met pas en péril son année scolaire !

Pourquoi il me dit ça, l’autre ? Je le sais très bien !

– T’as peur de quoi ? Qu’il se fasse percer l’arcade ? Qu’il revienne avec un anneau dans le nez, avec la crête et les bords du crâne rasés ??? (Il sourit à nouveau). Tu crois quand même pas qu’on va le retrouver avec des tatouages partout sur le corps et des plumes accrochées aux oreilles ?

Non, bien sûr que non ! Je secoue la tête, blasée.

Il éclate de rire : 

– Imagine : lundi il fume de la drogue, jeudi il vire junkie… on est pas dans la merde le week-end prochain ! T’as raison, c’est trop risqué : mieux vaut annuler.

7h30. Le moteur démarre, je lève la main pour dire au revoir à mon fils : il a le sourire jusqu’aux oreilles ! Je le regarde partir jusqu’à ce que je ne voie plus la voiture… C’est plus fort que moi. Je pense : « j’espère quand même qu’il n’a pas oublié son doudou… »